Auteur/autrice : Persouille

Thérapie

Le souci des troubles de l’humeur, c’est que souvent ça fonctionne par vagues, de périodes plus ou moins longues.

Je viens de voir le psy hier en urgence. Il m’a demandé, quand l’humeur varie trop vers le haut, d’augmenter l’olanzapine et de baisser la sertraline.

Trop de signes : sommeil perturbé, envies de dépenser de l’argent, déralisations assez fortes…

Comment ça va ?

2009, viré ! Hospitalisation juste avant, puis une succession improbable d’évènements qui font que 4 mois plus tard, formation pour un nouveau métier.

En gros, j’ai tellement eu de soucis intestinaux que on m’a diagnostiqué une colopathie fonctionnelle… De 2009 à 2013, c’était Hiroshima dans mon bide.

Coloscopie, fibroscopie, et puis… Rien. Juste un stress comme jamais j’ai eu pendant ces 4 années. Abonné à la lopéramide…

2005, une dernière

L’ORL a laissé une puce RFID dans ma joue, le dentiste a installé une cavité de cyanure dans une mes molaires.

Les services secrets lisent sur mes lèvres ce que je dis, il faut donc que je baisse la tête quand je parle.

C’était en 2005, dernière BDA majeure, dernier décrochage complet de la réalité. Il n’y a pas assez de place en HP pour m’interner, du coup je suis dirigé vers une clinique psychiatrique de la région. Le chauffeur de VSL qui m’y amène : “Vous verrez, c’est la vie de château là bas”.

Quand je fais du sport dans la salle de gym, je crois que Jacques Chirac m’observe derrière des miroirs sans tain.

J’ai suivi une séance de sophrologie à ce moment, j’ai été bien bousculé par cette expérience. J’ai eu des hallucinations visuelles, j’avais l’impression que ma température corporelle avait baissé, j’étais mal. J’aurais jamais du y participer.

Et le pwa ? Et le fwa ?

Compliqué… Il faut choisir entre une psyché apaisée et un poids pas trop déconnant… J’ai choisi la psyché.

Je fais une heure de vélo par jour en attendant. Mais je suis à 9 mois avec des triplets là…

Le Zyprexa fait des miracles, tout se tasse correctement au boulot, dans ma tête… Mais je ne sais pas pourquoi je me réveille toutes les nuits plusieurs fois.

Ne passez pas par la case départ

Un matin de janvier 2003… Quelque part sur une autoroute, du côté de Montauban, en direction de Paris.

Il est 4h et j’ai passé la nuit éveillé. Ca fait 3 jours que je ne dors plus. Les voix me font croire que je suis au centre d’un complot où prennent part mes employeurs, des salariés de ma boite, des extraterrestres…

J’ai pris des couteaux, de la viande crue, des allumettes, mes passeports, un billet d’avion open. Je voulais rejoindre l’Argentine ou la Suisse, convaincu dans mon délire être un nazi en cavale.

Quel sens donner à tout ça ?

Pour les gendarmes, les pompiers, puis les gens des urgences psy, tout semblait normal, courant.

Le diagnostic

Quelle importance ? Dans les psychoses, le plus important est le traitement.

Spécificité française à ma connaissance, la “bouffée délirante aigüe” m’a été décelée dès 2002. Ensuite, vers 2004, “schizoprhénie simple”. Puis retour à la case BDA. Puis schizophrénie. Puis bipolarité. Puis schizophrénie dysthymique.

Je ne demande plus mon diagnostic, Quel intérêt ? Mon traitement ne changerais pas, et surtout j’ai assez fait de tentatives de baisse de médoc pour voir que ça ne m’irait pas du tout.

Je sais que j’ai des problèmes de délires, hallus, parano, dépression et phases maniaques, sans médocs. Avec, il ne reste plus grand chose.

Stabilisation et nostalgie

J’ai eu ma première crise de délire hallucinatoire en 2001. La dernière majeure en 2005.

Ca m’a donc pris une quinzaine d’années pour me sortir du délire et me stabiliser. Les hallus aussi, c’est partit tout doucement.

Un chose m’a pris beaucoup de temps, c’est de ne pas être nostalgique de mes bouffées délirantes, aussi paradoxal que ça puisse paraître.

En tout cas, je reste traumatisé par mon premier délire de 2001. Ca restera comme une marque au fer rouge. Je pense que je fais toujours un “syndrôme de stress post-traumatique”.

Amours et désamours

Mon traitement actuel : Olanzapine 25mg et Sertraline 100mg. Et… rien d’autre.

J’ai jamais été aussi stable, notamment par rapport aux angoisses. Je n’en ai plus. Je goûte aussi le bonheur de ne plus avoir 3 neuros/des anxios/des correcteurs/des régulateurs d’humeur/ etc etc.

J’ai trouvé un bon psy. Il a rationalisé mon traitement, m’a suggéré les bon médocs.

J’ai eu un rapport particulier à l’Olanzapine (ZYPREXA). C’est un médoc qui m’a sorti des voix en 2005, mais qui m’a fait prendre 40kg. Je le reprends depuis 4 mois. Je préfère être “propre” dans ma tête et avoir des kilos en trop que ce soit le bordel. Je goûte avec bonheur ma stabilité actuelle.

Il a ressuscité !!!

J’avais un blog, commencé en 2007… Dernier message le 3 juin 2012.

Blog dézingué, après avoir été écrit en manie principalement. Mais une fois la manie passée, je n’aimais plus me relire.

Une partie des messages sont toujours sur web.archive.org, mais je ne vais pas les récupérer.

http://blog.persouille.fr/public/dusk.png

D’ailleurs, quand je relis ce blog (ou du bien ce qu’il en reste), ça fait peur… Pas très bien stabilisé le gars.

Je peux dire que ça va plutôt bien en ce moment. Mais quels efforts depuis 2001 ! Efforts consentis inconsciemment. Les choses se sont juste ajouté, les unes après les autres.

Après 20 ans de maladie, une psyché stabilisée, enfin, à quel prix : un corps qui garde les marques de la médication et des excès.

http://blog.persouille.fr/public/drugs.png

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén